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Publié par ToujoursRebondir à 16:10:38 dans Rien que du Jacques Salomé | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par ToujoursRebondir à 16:05:32 dans Rien que du Jacques Salomé | Commentaires (0) | Permaliens
S'il y a des silences qui font le malheur des uns, il est des mots et des partages qui agrandissent le meilleur de ceux qui acceptent de se dire...
Quand il y a le silence des mots, se réveille trop souvent la violence des maux.
Mais il ne suffit pas de rompre le silence, et de sortir du mutisme, encore faut-il se sentir reçu, entendu et amplifié lors de ses tâtonnements à mettre en mots.
Il y a des mots vibrants de vie, des mots ferveur pour l'amour, des mots patience ou enthousiastes pour la compassion, des mots de tolérance pour la liberté d'être
Il y a des mots porteurs de mort et de violence, chargés de haine et d'inimitié.
Il y a des mots simples et nécessaires du quotidien et les mots rares de l'exceptionnel, les mots familiers de la banalité et les mots précieux de l'extraordinaire.
Il y a les mots économes de la survie et ceux dont la richesse nous transporte vers le meilleur de l'autre et de nous-mêmes.
Il y a des mots obscurs, hésitants, torturés, des mots balbutiants et aussi des mots posés et confiants déjà plus matures, pleins de sagesse et de sérénité, lourds de tout leur poids d'espoir et du sens profond qu'ils portent.
Il faut déjà du temps pour qu'un ressenti, une émotion, un vécu trouvent le chemin des mots.
Il faut du temps pour qu'ils migrent des lieux du corps où ils naissent et s'inscrivent jusque sur la scène symbolique de la représentation, qu'ils accèdent ainsi au registre de la pensée, par un subtil travail de transformation qui mène de l'irreprésenté au figurable, de l'informulé au dicible.
Il faut parfois bien plus de temps encore pour qu'un mot devienne parole, pour qu'il sorte des limbes de l'imaginaire où il a été conçu et vienne ainsi au monde dans le passage étroit et délicat qui va de l'impression à l'expression, de l'ouverture de soi à la transmission de l'autre.
Au début était le Verbe et donc l'énergie du souffle vital, c'Est-ce souffle vital qu'il convient de protéger en nous.
Notre existence est tissée de toutes les tentatives d'échanges et de partages qui ont jalonné les différentes étapes de notre vie.
Notre bien-être se nourrit ainsi de la qualité des relations significatives amorcées acceptées, nouées et entretenues dans la durée, avec des être que nous avons côtoyés.
Et notre état de santé est exactement proportionnel à notre capacité à nous respecter face à autrui... Il y a des mots toxiques et des mots blessants, des mots qui distillent leur venin ou leur aigreur, bien au-delà du temps où ils ont été prononcés.
Je peux imaginer que beaucoup ont déjà appris à ne pas les garder, à ne pas laisser trop longtemps fermenter en eux les disqualifications, les humiliations, les propos destructeurs ou simplement négatifs et néfastes qui leur ont été adressés...
Une parole soigne quand elle permet de penser les douleurs et les souffrances intimes, un penser qui peut s'écrire aussi avec un « a » quand il panse les blessures et les mutilations anciennes jusqu'à la cicatrisation....
J. Salomé
Publié par ToujoursRebondir à 12:17:18 dans Rien que du Jacques Salomé | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par ToujoursRebondir à 17:03:26 dans Rien que du Jacques Salomé | Commentaires (4) | Permaliens
Il était une fois un petit lion qui vivait chez des parents d'adoption. Des parent d'adoption, cela veut dire plusieurs choses: que sa maman actuelle ne l'avait pas porté dans son ventre pendant des mois (comme c'est le cas chez les lions) ni que son père actuel ne l'avait conçu en faisant l'amour avec sa lionne. Mais cela voulait dire aussi que la lionne, sa génitrice comme on dit chez les hommes, qui l'avait porté, elle, dans son ventre pendant des mois, qui l'avait mis au monde un jour de grand soleil, n'était pas restée près de lui pour le nourrir, l'élever, l'accompagner dans ses premiers pas dans la vie. Personne ne savait la raison qui avait conduit cette lionne à faire ce choix. Un choix assez rare, car les lions habituellement n'abandonnent pas leur petit. Mais il y a comme cela des mytères dans la vie des lions qui échappent à toute compréhension, quand on ne connaît pas l'histoire profonde de chacun, quand on ne va pas au-delà des apparences.
Vous voulez que je vous dise son nom, à ce petit lionceau? Il s'appelait Vinké.
C'était un jeune lionceau de trois ans, qui savait jouer, rire, et même faire des câlins à ses parents d'adoption. Mais parfois il se mettait en colère, mordait, frappait avec ses pattes, il cassait des jeunes arbres, il lançait des cailloux.
Et surtout, surtout, écoutez bien cela, il se jetait sur sa mère, se mettait à grogner, à rugir. Il voulait même la mordre, la blesser. Comme s'il cherchait à lui faire mal, ou à exprimer de cette façon quelque chose qu'il ne pouvait pas dire autrement.
Car chez les lions, quand un enfant lion ne peut pas dire ce dont il souffre, ou ce dont il a peur, il devient agressif, violent, il montre ses dents, on croirait même qu'il est méchant. Ce qui n'est pas le cas, vous le sentez bien.
Je dois vous dire également, puisque j'ai décidé de ne rien vous cacher, que ce petit lion aimait les histoires. Il se couchait contre sa mère, le corps tout doux, le museau en l'air comme ça... Enfin je ne peux pas vous le montrer, mais j'espère que vous voyez ce que je veux dire. Et là, tout calme, tout attentif, les deux oreilles bien droites, les yeux grands ouverts, les babines pleines de salive, il écoutait sa maman lui raconter des histoires. Tout cela c'était dans les moments calmes, car autrement, je vous l'ai déjà raconté, il devenait violent, insupportable.
Puisque j'ai décidé de tout vous dire, de ne rien vous cacher, je dois vous confier qu'il faisait peur à sa maman, qui était très inquiète. Elle se demandait si elle avait bien fait d'adopter ce lionceau.
Peut-être avez-vous déjà entendu dans tout ce que je viens d'écrire ce qui habitait secrètement ce petit lion. Vous croyez qu'il avait peur d'être à nouveau abandonné par ses parents adoptifs? Vous imaginez qu'il se comportait méchamment comme pour dire: "Tu m'aimes quand je suis swage et que je ne fais pas d'histoire, mais est-ce que tu m'aimes quand je fais des bêtises? Est-ce que tu m'aimeras encore même si je continue à te faire mal?"
Les petits lionceaux qui ont été abandonnés une première fois redoutent par-dessus tout d'être à nouveau abandonnés, alors parfois ils font la guerre à leurs parents adoptifs, à leur mère surtout, pour vérifier la solidité du lien d'amour. Oui, c'est souvent comme ça chez les lionceaux adoptés!
Je ne sais pas comment l'histoire va se terminer. Peut-être sa maman lui racontera-t-elle ce conte?
Auteur: Jacques Salomé
Offert par mon Amie Monique, avec mille grands mercis ♥
Publié par ToujoursRebondir à 13:07:09 dans Rien que du Jacques Salomé | Commentaires (2) | Permaliens
Petits mots entre nous...